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Le BAFA à moindre coût

  • Publié le 15/03/2008
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Quand la presse se fait à travers un article, l'écho de pratiques démagogiques, incohérentes et mensongères, je me suis senti l'envie de réagir. Mais à quel titre ? D'abord en tant que responsable d'un mouvement d'Education oeuvrant en partie dans l'organisation de stages BAFA, mais aussi comme un militant de l'Education Populaire et plus largement comme un formateur à l'animation volontaire.

Le Paris Normandie du 8 janvier 2008 titre " Le BAFA à moindre coût " et sous titre " un stage proposé en externat pour la première fois ".

D'abord on nous explique que l'encadrement des enfants en centre de loisirs est un bon plan pour les jeunes mais qu'il y a un souci, le prix du stage qui est à 550€ et qu'il est nécessaire de trouver des parades pour obtenir un coût plus raisonnable. Alors on nous parle d'un projet de formation, avec des locaux mis à disposition et un tarif à 290€. Mais on oublie de préciser qu'il ne s'agit que de la formation générale et surtout que ce type d'initiative est loin d'être la première...

Ce tarif à 10€ près, est le coût moyen d'un organisme de formation BAFA ; c'est dans le jargon ce qui correspond aux frais d'enseignement. Donc si la structure qui souhaite organiser un stage sur site met à disposition ses locaux, c'est un tarif normal et surtout pas moins onéreux. Pour information, environ 45% du prix du stage sert à payer les frais d'hébergement.

Ensuite, on lit qu'on manque de jeunes formés. Ce constat, à mon goût un peu hâtif, mérite rectification. Quels sont les chiffres qui permettent ce constat ? Comment avec des politiques publiques mises en œuvre depuis plus d'un an on peut émettre ce constat ? La bourse du département nous semble une aide plus que satisfaisante dans ce parcours d'animation volontaire et tout le monde peut en bénéficier à partir du moment où il s'agit d'une formation en internat. Je n'ouvre pas ici le débat internat/externat, mais pose simplement la question de la gestion de la vie quotidienne quand elle se résume à des horaires de bureaux.

Enfin, on nous précise que la formation sera d'autant plus intéressante pédagogiquement parlant, parce qu'elle se déroulera en présence d'enfants du centre de loisirs... Alors sur ce point j'en appelle aux responsabilités du ministère de tutelle qui doit se positionner sur le fait d'organiser une formation théorique du BAFA avec des groupes d'enfants. Nos bambins peuvent-ils servir à des expérimentations pédagogiques... en tant que papa, cette idée m'effraye... En tant que formateur j'ai envie de la combattre !

Alors dans une société de marchandisation à tout va, il est de notre devoir en tant que militants de l'Education Populaire, de réagir à ce type de propos (plusieurs représentants d'autres mouvements ont réagis à cet article et notamment les Francas). Et aussi parce qu'il n'y a rien de nouveau et d'innovant dans ce qui est donné à lire, il me semble bon de rappeler que de nombreuses collectivités locales et territoriales se sont souciés de la formation de " leurs jeunes ". De plus, elles ont souvent cherché à inscrire ces projets dans une vraie logique de politiques éducatives.

Et là, il est alors question de sens, de fond, de vrai, d'histoire et d'hommes et de femmes qui souhaitent agir pour transformer la société. Et nous faisons partie de ceux-là...

Au nom des CEMEA, Son Directeur Territorial Stewens LEMOINE.

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